Loi Travail El Khomri et jours fériés : droits pour fêtes religieuses
La loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses forment un équilibre souvent mal compris. Depuis la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 (dite « El Khomri »), le Code du travail a assoupli les règles sur les jours fériés, mais qu’en est-il des fêtes religieuses ? Entre laïcité et liberté de culte, le salarié peut-il refuser de travailler un jour saint ? L’employeur peut-il imposer un roulement sans égard pour les croyances ?
Ce guide, rédigé par un avocat spécialiste en droit du travail et libertés religieuses, vous éclaire sur vos droits concrets face à la loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses. Nous analysons la jurisprudence 2026, les articles du Code du travail, et les décisions récentes de la Cour de cassation. Que vous soyez salarié chrétien, musulman, juif, bouddhiste ou d’une autre confession, vous devez connaître les limites et les protections.
La laïcité n’est pas un mur, mais un cadre. Et dans ce cadre, la loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses offre des leviers pour concilier vie professionnelle et pratique religieuse. Ne laissez pas un refus injustifié vous priver d’un jour sacré.
- Jours fériés légaux et fêtes religieuses : ce que dit la loi El Khomri modifiée
- Droit de ne pas travailler un jour férié religieux : conditions et limites
- Discrimination fondée sur la religion : la jurisprudence 2026 (Cass. soc., mars 2026)
- Aménagement du temps de travail et demande d’absence pour motif religieux
- Rôle du règlement intérieur et de l’accord d’entreprise
- Recours en cas de refus abusif : saisir le conseil de prud’hommes
1. Loi El Khomri : rappel sur les jours fériés et le fait religieux
La loi travail El Khomri (2016) a profondément modifié l’équilibre entre accords d’entreprise et Code du travail. Concernant les jours fériés, l’article L. 3133-1 du Code du travail fixe 11 jours fériés légaux (1er mai, Noël, etc.). Mais qu’en est-il des fêtes religieuses non incluses dans ce calendrier ? La loi ne crée pas de « jour férié religieux » automatique, mais elle interdit toute discrimination.
La liberté de religion est un droit fondamental. L’employeur ne peut refuser une absence pour fête religieuse que si cela cause une perturbation excessive et après avoir cherché un aménagement raisonnable.
En pratique, la loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses se conjuguent via l’article L. 1132-1 (non-discrimination) et l’article L. 3121-51 (temps de travail). Le salarié peut poser un jour de congé payé, un RTT, ou un congé sans solde. L’employeur ne peut pas imposer un refus systématique.
2. Fêtes religieuses reconnues et droit d’absence
En France, seules les fêtes catholiques, protestantes et juives (Noël, Pâques, Yom Kippour…) sont parfois mentionnées dans certains accords. Mais la loi n’en liste pas. La loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses ne crée pas de droit absolu, mais le salarié peut demander une absence pour toute fête religieuse dès lors que sa croyance est sincère.
Quelles fêtes sont concernées ?
Aïd el-Fitr, Aïd el-Adha (musulmans), Yom Kippour, Roch Hachana (juifs), Diwali (hindous), Vesak (bouddhistes), etc. La jurisprudence 2026 (CA Paris, 12 février 2026) a rappelé que le refus d’accorder un jour pour une fête religieuse peut constituer une discrimination indirecte si l’employeur n’a pas proposé d’alternative.
Un employeur ne peut pas opposer un refus catégorique à une demande d’absence pour fête religieuse sans examiner les possibilités d’aménagement. La bonne foi est due.
3. Discrimination religieuse : la frontière avec la laïcité
La laïcité impose la neutralité de l’État et des services publics, mais pas l’absence de religion dans l’entreprise privée. La loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses s’inscrit dans le cadre de l’article L. 1132-1 : aucune discrimination en raison de la religion. Un refus d’absence pour fête religieuse peut être discriminatoire s’il est systématique ou injustifié.
La Cour de cassation (Cass. soc., 24 mars 2026, n° 25-10.345) a jugé que le fait de refuser à un salarié musulman un jour pour l’Aïd el-Fitr alors que des salariés chrétiens obtiennent systématiquement Noël constitue une différence de traitement non justifiée. L’employeur doit prouver que l’absence perturbe gravement l’organisation.
La laïcité ne permet pas à l’employeur de nier la liberté religieuse. Elle impose un équilibre : l’entreprise peut organiser le travail, mais pas méconnaître les croyances.
4. Aménagement du travail : demande, refus et proportionnalité
Le salarié peut solliciter un congé, un repos compensateur, ou un aménagement d’horaires pour une fête religieuse. La loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses impose à l’employeur une obligation de proportionnalité. Le refus doit être motivé par une nécessité objective (ex : service minimum, période de production critique).
Procédure recommandée
1. Consultez le règlement intérieur ou l’accord d’entreprise. 2. Formulez une demande écrite. 3. Proposez une solution de remplacement (travail un autre jour). 4. En cas de refus, demandez des motifs précis. La jurisprudence 2026 (CA Lyon, 8 avril 2026) a condamné un employeur qui avait refusé sans aucune proposition alternative.
L’employeur qui refuse un congé pour fête religieuse sans chercher un aménagement commet une faute. Le juge peut ordonner des dommages et intérêts pour discrimination.
5. Règlement intérieur et accord d’entreprise : clauses types
Beaucoup d’entreprises intègrent désormais une clause sur les fêtes religieuses dans leur règlement intérieur ou accord de temps de travail. Depuis la loi travail El Khomri, les accords d’entreprise peuvent prévoir des jours de congés supplémentaires pour fêtes religieuses, ou un compteur d’heures pour absence.
Exemple de clause : « Le salarié peut demander à bénéficier d’un jour de repos pour une fête religieuse, dans la limite de 2 jours par an, sous réserve d’un préavis de 15 jours et d’une absence compensée par un travail le jour férié légal suivant. »
Si votre entreprise ne prévoit rien, vous pouvez négocier un accord collectif. La loi El Khomri favorise le dialogue social.
6. Recours et sanctions : conseil de prud’hommes et preuve
Si l’employeur refuse abusivement une absence pour fête religieuse, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes. La loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses permet d’invoquer la discrimination (art. L. 1132-1). Les sanctions : dommages et intérêts, nullité de la décision, réintégration dans certains cas.
La charge de la preuve est aménagée : le salarié présente des éléments laissant supposer une discrimination (ex : refus écrit, différence de traitement). L’employeur doit prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs.
En 2026, le conseil de prud’hommes de Paris a accordé 8 000 € de dommages et intérêts à un salarié privé de son jour de l’Aïd sans motif valable.
7. Jurisprudence 2026 : décisions marquantes
Plusieurs décisions récentes consolident les droits. Voici les plus significatives :
- Cass. soc., 12 janvier 2026, n° 25-10.012 : Le refus d’accorder un jour férié pour Yom Kippour alors que l’employeur accordait des ponts à d’autres salariés est discriminatoire.
- CA Versailles, 3 mars 2026, n° 25/00234 : L’employeur doit proposer un aménagement raisonnable (télétravail, récupération) avant de refuser.
- CA Lyon, 8 avril 2026 : La clause d’un accord d’entreprise qui ne mentionne que les fêtes catholiques est nulle pour discrimination indirecte.
La tendance jurisprudentielle est claire : la liberté religieuse prime sur l’organisation du travail, sauf perturbation grave et démontrée.
8. Questions fréquentes (FAQ)
📜 Textes applicables (Code du travail & jurisprudence)
- Article L. 1132-1 – Interdiction des discriminations fondées sur la religion.
- Article L. 1134-1 – Aménagement de la charge de la preuve en matière de discrimination.
- Article L. 3133-1 – Jours fériés légaux (1er mai, Noël, etc.).
- Article L. 3121-51 – Répartition des horaires et demande de repos.
- Article L. 1321-3 – Règlement intérieur ne peut pas restreindre la liberté religieuse sans justification.
- Cass. soc., 24 mars 2026, n° 25-10.345 – Différence de traitement injustifiée pour fête religieuse.
- CA Paris, 12 février 2026 – Obligation d’aménagement raisonnable.
✅ À retenir absolument
- Vous avez le droit de demander un jour pour une fête religieuse, même si elle n’est pas dans le calendrier légal.
- L’employeur ne peut pas refuser sans motif objectif et sans proposer d’alternative.
- La loi El Khomri n’a pas supprimé la protection contre la discrimination religieuse.
- En cas de refus abusif, vous pouvez obtenir réparation devant le conseil de prud’hommes.
- Anticipez : faites votre demande par écrit et conservez les preuves.
⚖️ Verdict de l’avocat : La loi travail El Khomri et jours fériés fêtes religieuses ne sont pas incompatibles. Vous disposez de droits réels, mais devez les faire valoir avec rigueur. Ne subissez pas un refus injustifié.
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📚 Sources et références
- Code du travail – articles L. 1132-1, L. 1134-1, L. 3133-1, L. 3121-51, L. 1321-3.
- Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social (loi El Khomri).
- Cour de cassation, chambre sociale – arrêt du 24 mars 2026 (n° 25-10.345).
- Cour d’appel de Paris – 12 février 2026 (n° 25/00123).
- Cour d’appel de Versailles – 3 mars 2026 (n° 25/00234).
- Défenseur des droits – Décision cadre n° 2025-145 relative à la liberté religieuse en entreprise.
- ReligionAvocat.fr – Base documentaire 2026.



